Eglise de Merville

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Merville “les 2 églises” - (textes et commentaires du Père Prudhomme curé de Merville. Synthèse et photos R. Garnier ADEPMF).
 
On peut remarquer sur la carte de Casini (fin du XVIIIème siècle) deux églises, celle de Merville et celle du Buisson. Le clocher de l’église de Merville était érigé à l’emplacement actuel. Mais où se trouvait donc située l’église du Buisson? On remarque auprès du night-club la villa le “Moulin du Buisson”. Il y a plus haut, la ferme du Buisson tenue de longue date par la famille DAIGREMONT. Une rue, appelée la “Hogue du Buisson”, mène à la ferme de Madame E. CORNET située sur l’emplacement d’un ancien prieuré, le prieuré du Buisson, avec sa jolie tour en encorbellement des 14 et 15e siècles.
 
Au moyen âge et aux temps classiques, un prieuré était une dépendance religieuse et foncière d’une Abbaye. Or en Normandie, il y avait des abbayes tous les 20 ou 30 kms, le prieuré du Buisson dépendant peut être de l’Abbaye de Troarn qui avait envoyé un ou deux moines et quelques frères pour desservir la paroisse du Buisson. Donc la ferme du prieuré devait être le Presbytère “la Cure”. Mais où était donc l’église ?
 
Lors de la construction de la propriété de Mr et Mme BOULLEN au lieu dit “La Motte”, des tombes avaient été retrouvées. L’église ne devait pas être loin, elle fut probablement démolie pendant ou après la révolution quand le prieuré fut confisqué pour devenir “Bien National”. Vous me direz on devrait en trouver des traces ? Eh ! bien, il y a de nombreux exemples de disparitions identiques. Garder deux églises à entretenir dans les petites communes c’était bien lourd. Et comme à l’époque, de nouvelles routes étaient tracées, bien souvent les pierres des églises et des Abbayes servirent à leur encaissement.
Plus heureuse, l’église de Merville allait subsister. C’était probablement la chapelle du grand château-fort de Merville.
 
Comme preuve de ce que j’avance (dixit le père Prudhomme), je garde précieusement un Ciboire en argent martelé sur le pied duquel on lit : Donné par Charles(sie) de CAIRON escuyer, Seigneur CHASTELAIN et patron honoraire (sic) de Merville en 1685. Ledit document possède 4 estampilles avec un superbe blason orné de 3 coquilles St Jacques ce qui semble dire qu’au moins un membre de la famille fut pèlerin de St Jacques de Compostelle. Arcisse de CAUMONT écrit dans son livre des églises du Calvados vers 1840, « Merville possède une nef romane du 11 et 12ème siècles ». Hélas tout a disparu sous l’épaisseur des restaurations et du plâtre sauf l’encadrement d’une porte latérale du côté nord.
Telle qu’elle a été restaurée par les municipalités successives, l’église de Merville reste belle.
 
Bien sûr, il faudrait enlever les plâtres pour retrouver la pierre et décoffrer les poutres pour retrouver une charpente en châtaignier, sans doute du 15e siècle. Il faudrait également enlever les enduits des murs qui recouvrent un appareillage en pierres plates disposées en épis ou arête de poisson. La nef en serait certainement moins humide, les murs pouvant respirer comme on le constate dans le choeur aux jolis blocs mordorés.
Il y a deux ans, Mr LEVEQUE, maitre verrier de Dives sur mer est venu remplacer les vitraux en verre bleu par des verres antiques en losanges qui donne à l’intérieur une lumière plus chaude et plus gaie.
 
Remarquez au dessus de l’autel le retable Louis XIII surmonté d’une vierge début 18ème qui ressemble à la Reine de l’époque Anne d’Autriche.
Egalement tout près de la plaque du mémorial à la gloire des soldats Britanniques tués devant la fameuse Batterie de Merville, une croix en fonte qui autrefois surmontait l’arc triomphal séparant la nef du choeur.
Une prière que l’on récite le vendredi saint, chante que le christ a vaincu par le bois de sa croix, le bois de l’arbre du paradis terrestre. Voilà pourquoi on voit un globe terrestre sur lequel s’enroule un serpent qui mord - oui, c’est bien une pomme avec ses feuilles. Sur le globe s’enracine un arbre stylisé qui soudain se transforme en une croix des bois avec le crucifix. Admirable symbolisme bien compris par nos pères pour exprimer l’idée optimiste que dieu sait tirer le bien du mal !
 
 

L'église possède deux lavabos de messe de la fin du XV ème. Ils servaient à recueillir les liquides utilisés pendant la messe. Un coffre de la Fabrique était destiné à entreposer les archives de la fabrique de la paroisse et notamment ses comptes. Cela explique la présence des trois serrures sur sa face avant. En effet, le curé, le président de la fabrique et le bedeau possédaient chacun une clé et on ne pouvait ouvrir le coffre que lorsque ces trois personnages étaient présents

 

 

Le retable est de style Levallois. A l'origine, il possédait deux ailerons qui ont dû être détruits au XVIII ème siècle pour pouvoir poser des lambris provenant de l'abbaye de Troarn. Le retable est encadré par deux colonnes torses à décor floral et à chapiteaux corinthiens qui soutiennent un entablement. Au-dessus de l'entablement, deux demi-frontons encadrent une niche contenant une statue de la Vierge à l'Enfant en majesté. Des chutes de fruits descendent des enroulements des demi-frontons. Deux pots à feu sont installés de part et d'autre du sommet. Un tableau de Bouet (1936) est placé entre les colonnes du retable. L'autel du retable est date du début du XX ème siècle.


La niche centrale est occupée par une statue en plâtre de Saint Joseph qui date du XIX ème siècle. Cette niche est encadrée par deux pilastres surmontés de chapiteaux ioniques à corne sans coussinet. Le fût des pilastres est décoré d'éléments végétaux. Sur le sommet du retable, on trouve trois petites statues polychromes. Celle du centre représente un ange, celle de gauche un Christ sauveur et celle de droite Saint Roch et son chien. Au pied de la statue, on trouve un tabernacle du XVII ème siècle décoré avec un agneau de Dieu.

LA CHAPELLE NOTRE DAME DES DUNES
 
Le curé n’ayant plus de presbytère à Merville par suite des bombardements, fut logé par la municipalité dans une villa “Arlette” place du marché à Franceville.
 
La station balnéaire se développant, on construisit à côté une baraque Adrian. L’abbé Dutemple entreprit alors de construire une chapelle en dur très fonctionnelle (300 places assises). Mr le curé engagea même son patrimoine pour les premiers travaux. De nombreux bienfaiteurs dont l’entrepreneur IACAZZI et le président SHENGHOR lui permirent de poursuivre.
 
Reconstruite en dur en 1961, elle fut inaugurée en présence de Léopold SENGHOR dont le jeune fils a posé la première pierre. Des vitraux en dalle de verre diversement taillés et colorisés donnent à l’édifice l’ambiance recueillie que voulut son fondateur. Deux petites cloches, baptisées par Monseigneur JACQUEMIN et dont les marraines furent Micheline MARION et Françoise DESAINT appellent joyeusement les fidèles à toutes les célébrations.
 

 
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